Le 30/05/2020 à 20:30- Mende

Une création singulière à la rencontre de deux univers : du slam, du chant polyphonique et de la création instrumentale pour vielle à roue électrique et cordes.

D’un côté Pantais Clus, création imaginée depuis plusieurs années par Rodín, notre poète complice, où se mélangent plusieurs styles et influences, sans qu’aucun ne prenne jamais le pas sur l’autre. Une recherche de l’équilibre idéal entre toutes ses musiques, du slam au chant polyphonique, en passant par le trap ou la pop folk alternative. Influencé par Saul Williams, Bon Iver, Ry X ou Alela Diane, autant que par ses nombreuses années au sein du Còr de la Plana, ses escapades de poète solo, ou les enregistrements de son père jouant du mini Moog avec des musiciens gnawa dans les années 80.
De l’autre « baram deu crum », le halo du nuage, création instrumentale de Valentin Laborde pour vielle à roue électrique et cordes. Ce répertoire nous plonge dans une odyssée pyrénéenne profonde et inclassable, faisant appel aux mythes et personnages païens, en équilibre aérien entre John Carpenter, Dead Can Dance et Sigur Rós.
La musique de Pantais Clus est celle de la maturité, un manifeste, en ce sens affirmant Rodín comme poète pluridisciplinaire libre et en pleine possession de toute son histoire musicale.
Pantais Clus, deux mots occitans d’origine grecque: « pantais », le rêve haletant, le rêve lumineux, cousin sémantique de fantaisie ou panteler. Et « clus », proche de sa traduction française clos,
issu du mot qui a aussi donné « clau », la clé. On le retrouve dans le fameux trobar clus des troubadours, forme de poésie hermétique jouant avec les doubles sens, et les révélations comprises
uniquement par l’aimée. C’est sous cette appellation, rencontre de deux concepts antagoniques, que ces deux répertoires se croisent, se confrontent, s’alternent et se complètent.
Sur scène, Rodín et Valentin Laborde sont rejoints et soutenus par Denis Sampieri de Uèi, aux claviers et diverses machines, Charles Villanueva à la guitare électro-acoustique et à la mandoline
d’octave, et Alex Piques à la batterie électro-acoustique. Dans un set intime, la poétique occitane de Rodín se fraie un chemin délicat, depuis la parole jusqu’à la chanson, en passant par le flow scandé. L’instrumentarium singulier de cette formation, tant au niveau visuel que sonore, porte une pop poétique douce et troublante, un trobar clus onirique et envoûtant.

Spectacle accueilli par la Ville de Mende dans le cadre sa saison culturelle 19/20