Le 08/04/2019 à 14:00- La Canourgue

Où es-tu Justine ? Reviens, ou bien tout sera encore ta faute.
Justine Morcelée est le deuxième volet d’un dyptique autour du thème du bouc émissaire. Un travail dédié à la question du harcèlement adolescent et à la violence du passage vers le monde adulte. Justine est une jeune fille perdue entre ses rêves et une réalité de moins en moins supportable. Est-elle victime des autres, victime d’elle-même ? Un jour elle disparaît. A travers trois soli indépendants, joués le même jour et dans différentes classes, le mystère de cette disparition est abordé de façon multiple, partielle et subjective. Ce sont les protagonistes eux-mêmes qui tentent leur examen de conscience et retracent les événements face aux spectateurs. Il y a Luis, le garçon ; Arielle, l’adulte ; et Justine, elle-même (ou son fantôme peut-être ?). Les points de vue divergent et les versions des faits se teintent d’étrangeté. Que s’est-il passé ? Qui est victime ? Qui est responsable ? Que faut-il faire maintenant ? Que faut-il dire ?

Une sale histoire qui dérange, Justine est un mythe, une légende qui inquiète
Le collectif Montpelliérain Moebius nous propose ici une forme brute, sans artifice technique, à jouer en collège. L’écriture est nourrie d’expériences vécues, paroles recueillies et corps observés lors de résidences en collèges. Les spectateurs plongent dans une enquête, à la manière d’un polar, et entrent dans la complexité des mécanismes de la violence, à travers la parole des différents protagonistes et leurs points de vue divergents. Dans chaque solo, Justine est évoquée comme une sombre affaire dont chacun aurait entendu parler, une sale histoire qui dérange. Justine est
un mythe, une légende qui inquiète, suscite et alimente les fantasmes. Les rumeurs circulent, les culpabilités pourrissent, on joue à se faire peur et certains craignent que Justine revienne les hanter. Car, si l’on en croit le penseur René Girard, c’est le propre des phénomènes de boucs émissaires de créer les mythes, et c’est la connaissance et la compréhension des faits qui les démontent et fait reculer la violence.

Résidence de création au collège de La Canourgue  du 14 au 25 janvier 2019  – En collaboration avec le collège sport/nature de La Canourgue